Que faisaient les gros du postpunk dans les années 90 ?
Perpétuel défrichage, traversée du désert, réinvention de la formule, trahison des fans ?
A vous de juger :
Que faisaient les gros du postpunk dans les années 90 ?
Perpétuel défrichage, traversée du désert, réinvention de la formule, trahison des fans ?
A vous de juger :
Évoquons enfin l'éléphant dans la pièce : les revivals.
Au début des années 2000, il y eut un important revivalisme rock, considéré par beaucoup comme le retour d'un certain alternatif, face aux tendances post-grunge et post-britpop. Dans le lot, une meute de nouveaux groupes d'influences post-punks occupèrent le devant de la scène.
En particulier, à partir de la souche la plus angulaire du postpunk, avec des groupes comme Wire et Gang of Four.
La fascination qu'exerçaient alors les 80's sur ces jeunes musiciens répondait à une ère d'indie pop et d'alt rock sans ambition, trahissant ce que les épithètes « indépendant » et « alternative » purent avoir représenté. L'après-punk apparaissait alors comme un âge d'or perdu d'innovation et de prétention artistique, un ensemble de possibilités sonores, à explorer et approfondir.
Beaucoup de ces artistes furent excellents, réagissant à un climat d'urgence, fougueux et motivés.
Ces groupes neo-post-punk, encore imprégnés de la mentalité ironique et désengagée des 90's, évitèrent de faire de la politique avec la pop, pour rester cools. N'allant pas plus loin qu'un militantisme creux, malgré une actualité mondiale intense.
A noter qu'en parallèle, les noughties donnèrent naissance au grime : l'un des développements musicaux britanniques les plus importants depuis des décennies. Issu du continuum hardcore, cet adelphe verbeux et articulé du dubstep était ancré dans le réel, agressif et maniaque et vraiment innovant.
Voir aussi sur le blog, ces autres notes sur le postpunk :
Sources / pour aller plus loin :
Simon Reynolds, Rip it up and start again (2005), Postpunk then and now (2009), Clearing up the indie landfill (2010), Grime and dubstep: a noise you could believe in (2010)
J. Akinfenwa, T. Joshi & E. Garland, The Top 50 Greatest Landfill Indie Songs of All Time (VICE, 2020)
Mark Beaumont, The term 'landfill indie' is pure snobbery (NME, 2020)
Alexandre Gimenez-Fauvety, Landfill Indie : retour sur l’indie-rock des années 2000 (2020)
Omar Soliman, A Response To 'Landfill Indie' (2024)
Retour sur l'indispensable émission de John Peel.
Nombreux groupes postpunk proposaient un son avant-rock, avec des signatures temporelles inhabituelles, des propositions la fois difficile et fantaisiste. C'est-à-dire ce que John Peel passait dans son émission avant le punk, et ce vers quoi il revint après. Des excentricités volontaires, des étrangetés authentiques et typiquement anglaises.
En 1979-81, le terme « Peel bands » devint quasiment un sous-genre, pas nécessairement messthétique ou issu de la scène des cassettes, mais clairement adepte du DIY.
Petite sélection :
Lors d'un entretien avec Simon Reynolds (cf. Totally Wired, 2009), John Peel précise que nous voyons généralement le postpunk comme quelque chose de sombre et coincé, alors que plein de choses y étaient marrantes.
Merci.
Source / pour aller plus loin :
Simon Reynolds, Rip It Up & Start Again (2005), Post-punk Esoterica (2005), Interview par Wilson Neate (Perfect Sound Forever, 2006)A-t-on des nouvelles des stars de la new pop et de la synth pop ?
Malgré un interminable retour des années 80, qu'elle soient à guitares ou à claviers.
Voici quelques productions récentes de popsters du début de la décennie concernée, pas encore à la retraite :
Que sont devenu les survivants du postpunk ?
Après plus ou moins trois revivals depuis 25 ans : un salvateur qui a conduit à la décharge indie, un réverbé orienté darkwave et un nouveau plus qu'enthousiasmant.
Voici quelques actes de vétérans maintenant soixantenaires datant des dernières années :
Ici il est toujours question de musique, de propositions, loin du #postpunk et de son carcan terne et caricatural.
Nombreux nous ont quitté récemment.