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01/09/2026

Postpunk in Dub

Voici deux mix proposés par NTS Radio explorant la période fructueuse de contamination croisée entre le monde du dub et le post-punk.

Rappelons qu'il s'agit de la composante du postpunk toujours éclipsée par les rétrospectives gothiques et les playlists de doomers.

Au cours de la demi-décennie 1977-1981, le reggae rivalisait avec le funk pour devenir le support musical des groupes postpunk.

Les riddims produits organiquement participèrent à la construction de paysage mentaux kinesthésiques. La rencontre de styles qui étaient voués à demeurer distincts eut une charge libératrice et subversive, et provoqua l'émergence de nouveaux genres hybrides.

Voir la note sur le punky reggae

Plusieurs des groupes les plus expérimentaux réagirent au reggae comme une révolution purement sonore : un psychédélisme africanisé, un changement de forme et de perception, le modèle pour un postpunk soniquement radical.

Toute la musique que j'aime. Elle vient de là, elle vient du... dub ?


Ancêtre de la remixologie moderne, le dub possédait paradoxalement une double approche à la fois pré-et post-moderne : un gospel roots et un psychédélisme high-tech.

En s'éloignant de ses racines jamaïcaines, il est devenu une pratique post-géographique de déconstruction formelle et bidouillage de studio qui infuse toutes les avant-gardes : hip-hop, house, jungle, postrock, dubstep.

 
Sources/ pour aller plus loin :

Simon Reynolds, Roots 'n Future (2000) remixé pour Bring The Noise (2008)
Christopher Partridge, Dub in Babylon (2019)

27/03/2013

Postpunk maintenant

A vouloir comprendre le postpunk dans son contexte historique, des questions se présentent rapidement. Quels courants musicaux contemporains présentent une démarche analogue ? Où se trouve la forme actuelle d'un modernisme tel que celui qui animait les avant-gardes postpunks ?


Dans son article Postpunk then and now (mars 2009), Simon Reynolds propose quelques réponses pertinentes. Tout d'abord, il précise qu'il y a dans le retour au postpunk un contre-sens intrinsèque, car sa démarche originelle s'opposait de façon inflexible à la nostalgie. Et ce malgré la radicalité encore pérenne de certaines formules.


La résurrection de l'esprit plutôt que de la substance de l'ère postpunk serait plutôt du fait de groupes lorgnant vers la pointe de la musique noire contemporaine et tentant d'en assimiler les innovations en matière de rythme, production, ambiance et expression ; et d'embrasser le potentiel des dernières technologies. C'est-à-dire :

- Les groupes « extatiques/expérimentaux » de New York et Brooklyn (Animal Collective, High Places, Gang Gang Dance) qui provoquent des collisions entre des influences folkloriques et world music avec des textures électroniques et des rythmes programmés issus de la techno ; faisant écho plus fidèlement à ce que firent David Byrne + Brian Eno, Liquid Liquid, ESG ou la no wave, que les neo-postpunks sélectifs.


- Le dubstep britannique (Burial, The Bug, Dusk + Blackdown) qui combine la tradition de dub déjanté et son aura apocalyptique de militantisme spirituel, avec les riddims contemporains et la participation de MCs venant du ragga et du grime ; proposant un équivalent moderne au Pop Group, Public Image Ltd ou 23 Skidoo.


Dans Clearing up the indie landfill (janvier 2010), issu de ses Notes on the noughties, Reynolds met en avant Mica Levi qui a jeté un pont sur le fossé considérable entre riot grrrl et grime, entre indie pop et glitchtronica. Avant de conclure, que contre toute attente, malgré la surproduction ayant conduit à la « décharge indie », l'idéal post-punk d'une musique visionnaire et ouverte, ambitieuse, et pourtant pop et groovy, a été réactivé.


Mise à jour 07/03/2014