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26/05/2026

Campagnes françaises

Après les chansons liés à l'actualité politique et l'agit prop dans l'après-punk, faisons un petit écart avec les hymnes français de campagne.
 

Commençons par une saveur très ORTF pour Jacques Chirac lors des municipales de 1977.

 

Voici l'hymne du PS, à l'époque encore social-démocrate, pour le congrès de Nantes en 1977, avec chœurs soviétisants.

En 1980, le PCF s'appropria une chanson de lutte, tous tambours battant, sortie un bon septennat plus tôt par des camarades canadiens.

Une compétition musicale digne des plus grandes années de l'Eurovision éclata lors de l'élection présidentielle de 1981 avec :

  • du glam rock, anachronique, pour Valéry Giscard d'Estaing

 

  • du disco, gonflé avec cuivres et cordes, pour Jacques Chirac.
  • du space-disco, évoquant les génériques des séries animées intergalactiques, pour François Mitterrand.

 

Remercions les agences de propagande / communication / publicité pour ces glorieuses pépites pour Bide & Musique.

13/03/2026

Radio Radio

Single métapop d'Elvis Costello & the Attractions, sorti le 17 mars 1978.

 Radio is a sound salvation
Radio is cleaning up the nation
They say you better listen to the voice of reason
But they don't give you any choice
'Cause they think that it's treason
So you had better do as you are told
You better listen to the radio
 
Une attaque sarcastique contre les pouvoirs radiophoniques en place, ciblant particulièrement la BBC et leur refus de jouer du punk.
 
They don't wanna hear about it
It's only inches on the reel-to-reel
And the radio is in the hands of such a lot of fools
Tryin' to anaesthetize the way that you feel

Dans le Los Angeles Times du 30 mai 1978 :

"I want to reach everyone and you can't do that without the radio. That's why I wrote ‘Radio, Radio.' I mean every word of that song. It's an attack. I want to break down the formats and the formulas so that you don't have to just listen to disco or MOR (middle of the road) or that heavy metal rubbish."

Initialement, il s'agissait d'un morceau pub rock, écrit avec son précédent groupe Flip City, américanophile et inspiré par Bruce Springsteeen :

"He sort of made it feel like a big dream in America where a radio was playing and it was always the perfect song. And even though there's sadness in the song, I wanted to believe that somewhere it was like that and it wasn't like it was in the suburbs, where you couldn't hear any music you liked half the time. So that was a wishful song."

En 1977, Elvis Costello revint sur ce passé, rejetant toutes ses influences non approuvées par le punk, et Radio Soul devint Radio Radio. Produit du déplacement idéologique de la new wave, la radio initialement une source d'évasion devint ici oppressive.

I wanna bite the hand that feeds me
I wanna bite that hand so badly
I want to make them wish they'd never seen me

La plus mémorable performance du morceau fut celle au Saturday Night Live le 17 décembre 1977. Remplaçant à la dernière minute les Sex Pistols, privés de télé pour un problème de visa, les Attractions furent conviés pour promouvoir tardivement le précédent album de Costello.

"I just wanted them to remember us. I didn't really have anything against the show. I was more pissed off at being told what to play by the record company than I was NBC, truthfully. I can't remember whether I said what I was going to do, but I think I just said, ‘Watch me.'"

Et au second morceau après quelques mesures :

 

"We came off the stage, and they were very definitely pissed off at us. We just went back to the dressing room and laughed ourselves stupid, drank the rest of the vodka and left, pursued by people making dire threats."

Le jeune homme en colère ne réapparaîtra à la télévision américaine qu'en 1980, et au SNL qu'en 1989.

Avouée plus tard, l'inspiration lui est venue de Jimi Hendrix, qui lors de son passage en 1969 dans The Lulu Show sur la BBC, interrompit son tube Hey Joe pour rendre hommage à Cream.

Le sabotage de 1977 fut intégré à la liste des moments cultes de l'histoire de l'émission, perdant  évidement son caractère subversif.

Sources / pour aller plus loin :

Chad Van Wagner, Radio Radio: Elvis Costello vs. Everything (2022)
Simon Reynolds, The Spirit of Radio: Songs About Songs (2022)

01/04/2022

No bollocks

Voici la compilation Ce n'est pas de la couille, voici la New Wave, sortie chez Ariola en 1977.


Dans les notes de pochette, nous apprenons que « new wave » est un terme apparu en 1977 pour qualifier un courant musical opérant la fusion de diverses tendances du rock, en réaction à l'hypertrophie putrescente des superstars de l'époque.

Regroupant alors :
  • un renouveau du hard, allégé et simplifié

  • un retour de la pop pas débile, au rythme agressif et aux paroles intelligentes



  • un raz-de-marée : le mouvement punk

Dans sa revue de la compile, Pol Dodu (Vivonzeureux!, 2020) résume bien cette définition : là, on considère comme new wave toute la musique apparue à partir de 1976-1977 qui bouscule l'ordre rock établi, tous styles confondus, punk y compris.


L'année précédente, Caroline Coon avait publié, dans le Melody Maker du 27 novembre 1976, un dictionnaire de noms et de termes (Punk Alphabet) dans lequel elle distinguait punk et new wave.
Punk = bands who usually play frantically fast, minimal, aggressive rock with the emphasis on brevity, an all-in sound rather than individual solos and an arrogance calculated to shock. 
New wave = an inclusive term used to describe a variety of bands (...) who are definitely not hardcore punk, but because they play with speed and energy or because they try hard, are part of the scene.


Il y a toujours un certain délai de diffusion de l'évolution des concepts issues de la presse britannique.

Pour aller plus loin, voici un aperçu plus détaillé de la new wave en 1977.

10/07/2019

1977, le crépuscule des idoles

Cette année-là sera toujours associée à l'explosion du punk, qui envahissait alors les bacs, les charts, la télévision, les journaux et même le Jubilé d'Argent de la Reine. Mais ce fut également la sortie de l'ombre du reste de la new wave.


Très loin de n'être qu'une simple récupération commerciale du punk ou une métamorphose romantique de sa colère en mélancolie. En fait, de nombreux musiciens pop utilisèrent le phénomène punk comme un moyen d'entrer dans le business et firent de cette fin de décennie un âge d'or du single.









Bonus : « New Wave R.I.P » clame le T-shirt du Johnny Rotten en croix dessiné sur la couverture du Trouser Press d'october 1977, le mois de Never Mind the Bollocks.