Seconde note sur le disco. Après les old et new waves, parlons postpunk.
L'establishment critique rock traite encore le disco, au mieux, comme une aberration adolescente. Le disco serait artificiel et exagéré, place la surface sur la substance, l'humeur sur le sens, l'action sur la pensée. Dans un sens, les sixties étaient un voyage mental (marijuana, acide), la décennie suivante un voyage corporel (quaaludes, cocaïne). Pourtant, certains écrivains musicaux britanniques avaient remarqué que la jeunesse prolétarienne n'étaient pas totalement dans le punk, mais à la discothèque.
Le punk avait avait rejeté les racines rhythm'n'blues du rock, mais également le disco, jugé fade et coupé des réalité. Mais des groupes postpunk d'avant-garde incorporaient dans leur musique ses rythmes agiles, des lignes de basse fluides et des guitares d'inspiration funk.
Dès 1978, l'idée d'une musique dansante mais subversive commença à circuler dans les cercles post-punks. Voir la note sur le versant funky du postpunk.
Le postpunk embrassait pleinement la méthodologie studio-as-instrument du dub et du disco. En termes esthétiques, les textures stratifiées de ces genres brisèrent le cadre punk de la new wave.
Dans Hot Stuff: Disco and the Remaking of American Culture (2010), Alice Echols précise que le disco donnait le primat au synthétique sur l'organique, au découpage sur l'ensemble, au producteur sur l'artiste et à l'enregistrement studio sur la performance live. Soit une des composantes du déplacement anti-rockiste cher au postpunk.
Le « perverted disco », pour reprendre une formule d'Andy Gill, combina le sérieux d'un rock arty, sa lutte avec la condition humaine, avec l'apparente légèreté hédoniste de la physicalité du disco.
Plusieurs singles, plus ouvertement disco, n'avaient pas exactement mis le feu aux discothèques. Peut-être que qu'ils auraient dû être publiés par un label expérimenté dans la distribution des clubs et la promotion d'une musique de danse conçue sur des rythmes non conventionnels.
Plus tard suivront des « industrial disco », « dancecore », « euro body music ».
La suite bientôt.
Sources / pour aller plus loin :
Michael White, The Unlikeliest Marriage: When Disco Met Punk (2002)
Charles Kronengold, Exchange theories in disco, new wave, and album-oriented rock (2008)

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