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25/03/2026

Disco (1/3)

Triptyque de notes sur le disco dans l'après-punk.

Dans l’Amérique du milieu des années 70, le disco pouvait être considéré, comme le dernier clou dans le cercueil de la période de résistance et de dissidence culturelle que furent les sixties, vers une nouvelle ère complaisance dépolitisée.

« Death to Disco » écrit sur les murs de SoHo, « Disco Sucks! » comme cri de ralliement rockiste. Et la fameuse Disco Demolition Night du 12 juillet 1979 à Chicago :

Bien sûr, de nombreux anti-discos étaient juste homophobes et racistes, ou des chauvinistes rock bas du front.

En atteignant le mainstream, les origines subculturelles du disco furent largement effacées. Cette musique apparut alors superficielle, escapiste et obsédée par le glamour. Dans Burn the Disco Out (2015), Nico Rosario rappelle que l'histoire de la musique dansante, surtout américaine, est souvent empêtrée dans les connotations raciales, sexuelles et hédonistes qui dévaluent sa crédibilité musicale. Le jazz, le r'n'b et le rock'n'roll ont eu une évolution similaire du vice vers la vertu.

C'est dans ce contexte que plusieurs old wavers s'essayèrent au disco, avec un sujet succès non négligeable :

Et même certains pub rockers devenus new wave :



La suite ici.
 
Source / pour aller plus loin :
 
Simon Reynolds, footnotes, Death to Disco (2008)

18/03/2026

Video Killed the Radio Star

Tube des Buggles, sorti le 7 septembre 1979.

I met your children
What did you tell them?

Une vision de l'avenir de la musique et de la culture populaires, accompagnée d'une réaction à la fois nostalgique et apathique. Le tout enveloppé dans le son clinquant des derniers développements en matière de technologies de studio.

In my mind and in my car
We can't rewind, we've gone too far
Pictures came and broke your heart
Put the blame on VTR

Trevor Horn raconta au Guardian en 2018 :

"I'd read J.G. Ballard and had this vision of the future where record companies would have computers in the basements and manufacture artists. I'd heard Kraftwerk's The Man-Machine and video was coming. You could feel thing changing."

Captant le zeitgeist de la révolution électronique, le duo se plaça parmi les véritables hérauts de la new pop à venir : hyper-production, accroches folles et un récit métapop typiquement britannique, qui va de 10cc à Gorillaz.

Une minute après minuit le 1er août 1981, la chaîne de télévision câblée MTV commença sa première diffusion avec le clip du morceau : à la fois une déclaration d'intention et une prémonition des changements à venir dans le langage audiovisuel lié à la musique pop. Une vidéo radiocidaire réalisée par le bientôt célèbre Russell Mulcahy et montrant un tout jeune Hans Zimmer aux claviers.
 
A noter qu'une autre version du morceau sortit en juin 1979, quelques mois avant celle des Buggles. Par un de ses co-compositeurs, Bruce Woolley et dont le Camera Club incluait un autre technophile, Thomas Dolby.

En 1980, Paul Morley avait démasqué les requins de studio prog qui se cachaient derrière les Buggles : des dirty old men with modern mannerisms (sic). Relativement has been à l'époque post-punk, le groupe ne put dépasser le statut de one-hit-wonder. Geoff Downes et Trevor Horn intégrèrent alors Yes le temps d'un disque et d'une tournée.

En 1982, Horn se réinventa en producteur génial, participant à l'explosion de la new pop.

Le thème de Video Killed the Radio Star est très librement inspiré par la nouvelle The Sound-Sweep (1960) de J.G. Ballard, probablement la meilleure histoire de science-fiction sur la musique pour Simon Reynolds. L'action se passe dans un futur proche, dans une ville polluée des résidus sonores, s'amassant sous forme de vibrations toxiques pour la santé et l’environnement. Leur matérialisation rend la vie des habitants assourdissante et nécessite l'intervention de « débruiteurs » équipés de machines permettant de nettoyer les espaces.

"Noise, noise, noise - the greatest single disease-vector of civilization"

Source / pour aller plus loin :

Warren Huart, Songs That Changed Music: Video Killed The Radio Star (2022)

19/01/2024

1979, l'hiver du mécontentement, 2

2024 marque le quarante-cinquième anniversaire de l'acmé du postpunk. Mais n'oublions pas que la new wave, et ses tubes imparables, était alors omniprésente.

Mettons donc de côté le postpunk arty et austère. Nombreux artistes ayant commencé avant/avec l'explosion punk et qui constituèrent la nouvelle vague cueillirent cette année-là le fruit de leur effort ou simplement bénéficièrent de l'air du temps.

Pourtant, passée une poignée de têtes d'affiche à la longue carrière protéiforme, pour ce côté de la Manche, il s'agit quasi exclusivement d'une périphérie avec des formations secondaires ou dispensables. La littérature francophone ne les évoquant qu'en fin de chapitre, parmi les inclassables ou autres ovnis musicaux.



29/06/2019

1979, l'hiver du mécontentement

2019 marque le quarantième anniversaire de l'acmé du post-punk. 


Malgré les commémorations et la nostalgie d'un paradis perdu, les revivalismes de la décharge indie, l'opportunisme des hipsters et les t-shirts Unknown Pleasures, peut-on encore avoir une vision respectant la réalité de ces productions musicales et esthétiques ?

Voici une série de clips vidéo qui en encapsule peut-être le ton :