12/07/2026

Metalliquement funky

A la fin des années 80, à Los Angeles et New York de nouveaux groupes à grosses guitares combinèrent punk, funk, rap et metal dans un bouillon chaotique.

Qu'il fusse sur MTV ou alternatif, la metal semblait avoir une atteint une impasse et un retour de la syncope, une réinjection de blackness, devint presque inévitable. Le succès du tout jeune hip-hop fixait dorénavant l'ordre du jour de la pop américaine ; la phase rap/metal de Def Jam (Run DMC, Beastie Boys, LL Cool J) avait ouvert beaucoup d'oreilles de headbangers.

Voici quelques unes de ces formations hybrides, colorées et fantasques, marquées à la fois par l'agressivité du thrash metal, l'énergie du hip-hop et le groove du funk 70's.

Contrairement aux sous-genres bâtards post-punk, le less-is-more et le refus de la virtuosité se firent  rares. Avec un prétexte à des exploits exhibitionnistes de dextérité via le slap à la basse : une pratique claptonesque disparue depuis l'époque de l'electrofunk.

Un mélange des genres finalement « old wave », monolihique, rockiste et débordant de testostérone.

Mais, tout de même, conscient de son époque et parfois très engagé :

A noter qu'en France, il fut plutôt question de « fusion » pour désigner de ces « rap metal » et « funk metal ».

Dans la Californie post-Nirvana, des weirdos de banlieues complétèrent l'emballage avec des goûts pop assumés et des besoins cathartiques. Et le nu-metal prit d'assaut les stades de cette fin de millénaire.

 

Sources/ pour aller plus loin :

08/07/2026

Postpunk 90

Que restait-il du postpunk dans les années 90 ? Dans quelles musiques de cette décennie pouvait-on encore entendre certaines de ses caractéristiques fondamentales ?

 

Dans la seconde moitié des années 80, les premiers morceaux acid house semblaient avoir fait renaître l'avant-funk, avec des échos de PiL, A Certain Ratio, 23 Skidoo ou Cabaret Voltaire : rythmes maniaques, lignes de basse menaçantes, espaces dub caverneux. Par son imaginaire même, cette musique revenait au principe du death disco.

Le postpunk poursuivit sa demie-vie subliminale dans la culture rave des années 90. Percussions hyper-rapides et fébriles, sensations vertigineuses d’une félicité déchirante, ambiance hantée et paranoïaque : certains morceaux de darkside jungle se rapprochaient de This Heat ou Bryne+Eno.


Il y eut également l'échantillonnage de grooves implacables venant du mutant disco.

Bristol, avec une présence multiraciale établie de longue date, a toujours produit sa propre variété de métissages subculturels depuis le dub-funk-jazz du Pop Group. Le trip-hop renouvelait des tendances propres à l'art-rock et au post-punk britannique (The Banshees, The Cure, Japan), bien plus qu'une simple réponse locale au hip-hop.

Esthétique clairsemée, urbaine et lunatique et poésie de l'inconscient politique à la John Lydon.


Alors que la Black Britain se manifestait dans la jungle et le trip-hop, la plupart des indie rockers anglais des années 80-90, non contents d'échouer à reproduire correctement le dynamisme rythmique de leurs sources des sixties, ont répugné à injecter dans leur musique l'énergie et l'innovation de la musique noire contemporaine.

A l'exception peut-être de la génération perdue du postrock :

Sur les limites du parallèle entre postpunk et hardcore continuum :

Le postpunk gardait toujours une intention expressive et une urgence communicative, tout simplement absente des dernières itérations électroniques, avec :

  • un rapport à la vision d'artistes personnifiés, par opposition à l'anonymat de la rave.
  • presque toujours un format chansons, avec des paroles pouvant soutenir un propos, même dans ses extrémités soniques.
  • une participation à un esprit contextuel plus large d'un mouvement, portant avec lui un impératif moral de communiquer, de contester et de s’opposer.
En outre, la conviction dans la possibilité réelle de changement dans l'accomplissement, l'intensification et l'étape dialectique succédant au punk.

Cf. la note sur le modernisme populaire.


Sources / pour aller plus loin :

Simon Reynolds, Energy flash (1998), Pure fusion: multiculture versus monoculture (2000), Rip It Up and Start Again (2005), Bring The Noise (2008)
Mark Fisher, Ghosts of my life (2014)

01/07/2026

Living in the nineties

Que faisaient les gros du postpunk dans les années 90 ?

Perpétuel défrichage, traversée du désert, réinvention de la formule, trahison des fans ?

A vous de juger :

A mettre également en perspective avec les réactions de la old wave face à la new : succès pendant les 80's et tentatives de surfer sur la vague.