01/09/2026

Postpunk in Dub

Voici deux mix proposés par NTS Radio explorant la période fructueuse de contamination croisée entre le monde du dub et le post-punk.

Rappelons qu'il s'agit de la composante du postpunk toujours éclipsée par les rétrospectives gothiques et les playlists de doomers.

Au cours de la demi-décennie 1977-1981, le reggae rivalisait avec le funk pour devenir le support musical des groupes postpunk.

Les riddims produits organiquement participèrent à la construction de paysage mentaux kinesthésiques. La rencontre de styles qui étaient voués à demeurer distincts eut une charge libératrice et subversive, et provoqua l'émergence de nouveaux genres hybrides.

Voir la note sur le punky reggae

Toute la musique que j'aime. Elle vient de là, elle vient du... dub ?

Ancêtre de la remixologie moderne, le dub possédait paradoxalement une double approche à la fois prémoderne et postmoderne : un gospel roots et un psychédélisme high-tech.

En s'éloignant de ses racines jamaïcaines, il est devenu une pratique post-géographique de déconstruction formelle et bidouillage de studio qui infuse toutes les avant-gardes : hip-hop, house, jungle, postrock, dubstep.

 
Sources/ pour aller plus loin :

Simon Reynolds, Roots 'n Future (2000) remixé pour Bring The Noise (2008)

18/08/2026

Postpunk x Stadium

Quid des relations avec le rock pour stades ?

La reverb fut largement considérée comme un interdit sur les disques punk/new wave, constituant un retour à la production grandiose du mega-rock des 70's. Pour le punk, l'énergie et l'accroche furent valorisées au détriment de la texture et de la profondeur du son. Les groupes et les producteurs influencés par le psyché ou le dub - comme Martin Hannett pour Joy Division - prirent la direction opposée.

Création d'un espace profond réclamant de la place, mais pourtant claustrophobe. Finalement diamétralement opposé à l'interprétation utopiste old wave, ou encore l'exil cosmique des Hendrix ou Pink Floyd.



Television avait posé les premières pierres d'un rock nettoyé et réincarné. Les reflets de leur son fluide et héroïque se retrouva chez nombre de formations post-Joy Division ; postpunks par leur minimalisme, mais néanmoins animées d'un esprit de transcendance venu des 60's.

Panoramique et cinématique, ce fut le retour du rock en pleine ère new pop. 

Il fut alors question de « big music ». Probablement pour marquer la rupture avec le stadium rock (Journey, REO Speedwagon, Foreigner, Styx, Kiss, Peter Frampton, Boston, Queen), dont le mercantilisme et la démesure avaient conduit au concept de « corporate rock ».

A noter que les groupes de big music avaient souvent des origines celtiques, venant d'Irlande, Écosse, Pays de Galles ou Liverpool, ville elle-même marquée par l'influence irlandaise.


Bien que le punk s'était révolté contre le stadium rock et la culture des superstars, le désir d'une musique grandiose et triomphante explosa avec le passage du postpunk à la new pop. A la fois comme stratégie nécessaire (conditions d'entrée dans la pop) et agréable (rejet du puritanisme culpabilisant du postpunk).



La caractérisation comme un phénomène live (rock) plutôt qu'une extension de l'album en tant que forme artistique (pop) participa au débat sur l'authenticité dans la musique populaire. Les interprètes y ayant accepté la marchandisation de leur travail pour le plus grand nombre, concentrant alors l'importance musicale et conceptuelle comme le centre de son défi politique. 

Et certains devinrent les nouveaux hérauts des larges auditoriums.


Sources / pour aller plus loin :

Simon Reynolds, Rip It Up & Start Again (2005)

10/08/2026

New Wave x Prog

Petite note sur les liens entre new wave et prog.

Tout d'abord avec le contingent excentrique de la nouvelle vague. Des marginaux du théâtre à la Bowie ou Bonzo Dog Doo-Dah Band, à l'origine des fans de Peter Hammill, King Crimson, Genesis-ère-Gabriel. Chamboulés par Pere Ubu, Devo et XTC, ils parvinrent à une transition assez fluide d'un glam tardif vers new wave maniérée et saccadée.






Parfois en lutte interne entre les contraintes aspirant à la new wave et des désirs proggoïdes.


Une autre sous-catégorie : les prog-rockeurs qui se sont essayés à la new wave.


Inversement, les new waveux plus âgés, profitant de la fin du postpunk, pour assumer un virage explicitement prog à l'ancienne.


Source :