01/07/2026

Living in the nineties

Que faisaient les gros du postpunk dans les années 90 ?

Perpétuel défrichage, traversée du désert, réinvention de la formule, trahison des fans ?

A vous de juger :

A mettre également en perspective avec les réactions de la old wave face à la new : succès pendant les 80's et tentatives de prendre la vague.

27/06/2026

Architecture

Après la peinture, voici une note sur les références architecturales dans l'après-punk.

Mark Fisher cita l'architecture brutaliste comme un exemple de modernisme populaire au côté du postpunk au Royaume-Uni. Mais y a-t-il de réelles relations entre ces deux mouvements, mis à part leurs conditions matérielles et historiques communes ?

Il semble que l'association entre postpunk et brutalisme a beaucoup été promue à posteriori, par les différents revivals : parfois avec un réductionnisme marketing assez stéréotypé, ou plus généralement par confusion avec les plus larges influences du modernisme.

Quant à l'indéniable lien avec les paysages industriels, popularisés par le postpunk mancunien, il fut également étrenné par la old wave. Comme chez Hipgnosis pour Pink Floyd (1977)

En regardant de plus près les pochettes post-punk, les styles architecturaux cités furent en réalité plutôt rares et variées.

Voici quelques bâtiments ayant inspirés photographes et graphistes :

  • Centre Georges-Pompidou à Paris, par Allan Ballard pour Jean-Jacques Burnel (1979)

  • Centre Point, gratte-ciel de bureaux dans le centre de Londres, chez Mike Coles pour Killing Joke (1979)

  • Albert Bridge, pont victorien à Londres, par Chris Carter pour Thomas Leer & Robert Rental (1979)
  • Priory Church of St Mary and St Cuthbert, ruine gothique à Bolton Abbey, chez Porl & Undy pour The Cure (1981)

  • New Covent Garden Market, immense marché de fruits, légumes et fleurs à Londres, chez Malcolm Garrett pour Simple Minds (1981)

  • Aciéries Round Oak à Brierley Hill, par Brian Griffin pour Depeche Mode (1984)
  • Château de Moydrum en Ireland, par Anton Corbijn pour U2 (1984)

Sur l'architecture brutaliste :

Comme de nombreux projets entre les années 1960 et 1980, les conceptions brutalistes étaient utopiques dans le sens où elles prouvaient l’ingéniosité humaine en construisant ce qui semble impossible. Ces structures tentant de défier les lois de la physique.

De nos jours, les vestiges de cette architecture austère, observée avec des logements et bâtiments à vocation publique, témoigne d'une toile de fond progressiste, s'opposant à l’architecture postmoderne liquide, stérile, standardisée et clairement anti-sociale.

 
Sources / pour aller plus loin :

Dominique Dupuis, New Wave Vinyls : du Post Punk à la New Pop (2011)
Mark Fisher, Ghosts of My Life: Writings on Depression, Hauntology and Lost Futures (2014)
Lorenzo Ottone, Brutalism and post-punk: a story of architecture and rebellion (2021)
Haytham Nawaz, Brutalism is the architecture of democracy (2022)

22/06/2026

New Wave of New Wave

Une vaguelette qui n'a jamais traversé la Manche.

 

Au début 1994, en réaction au grunge, au shoegaze et au baggy, un trio de scribes du NME - Paul Moody, John Harris et Simon Williams - essaya de promouvoir une poignée de groupes britanniques punky comme la « new wave of new wave ».


 

Malgré la tentative de créer un phénomène médiatique, cette micro-tendance témoigna d'un moment crucial dans la réorientation de la pop locale vers un songwritting plus classique et des concerts plus électrisant que tripant ou performatifs.

Et avec un sens aigu de son englishness, comme une répétition générale avant l'explosion de la britpop et du Cool Britannia.





Buzzcocks, Clash, Jam, Only Ones, Stranglers, Undertones, Wire, mais également Blondie.

Parfois avec une reproduction trop littérale du punk, la new wave of new wave ne proposa finalement un n-ième retour des mods, en ignorant tout ce qui s'est passé musicalement depuis 1978 : noir ou blanc, rap ou rave.

Alors que le punk et la new wave eurent une conscience, sinon une alliance avec les subcultures noires britanniques, partageant des musiques de rage pré-politique et paranoïa urbain. 

Voir la note sur le punky reggae.

Le psychédélisme et l'ambient fournirent à ces groupes un ennemi clé-en-main, l'équivalent subculturel des hippies. Mais cela était plus que superficiel pour créer les prémices d'une nouvelle dialectique old vs new wave.

Peut-être aussi qu'à l'instar du romo, ce revival fut trop précoce en refusant d'attendre l'habituel cycle de vingt ans.


Sources / pour aller plus loin

Simon Reynolds, Jon Savage interviewed about the New Wave of New Wave (1994)
Jeremy Allen, 
Romo, skunk rock, shroomadelica ... the music genres that never made it (2014)
James Cook, 
Cult heroes: S*M*A*S*H and These Animal Men should have changed people's lives (2015)