24/08/2026

Artificiellement nouveau

Cela fait toujours plaisir lors d'une veille documentaire de tomber sur un nouveau site francophone traitant des sujets qui intéressent le blog.

Voici donc Pure Underground Vibes, qui propose des analyses, des découvertes d’artistes et de labels, ainsi que des réflexions sur l’évolution de la scène alternative. Dont beaucoup d'articles sur le post-punk mais aussi la bass music.

Et en fait, pas du tout.

Il s'agit, en réalité, d'un faux blog, mis en place par une EIRL d'informatique basée à Paris, coupables de sites équivalents avec un contenu entièrement généré par IA. Probablement un modèle économique basé sur la rémunération au clic vu le nombre de pop-ups commerciaux invasifs.

Et les articles sont mauvais, se contentant d'évoquer des généralités tièdes, pleines d'erreurs et d'approximations, montrant l'absence de fiabilité des outils utilisés (probablement Gemini ou ChatGPT) dans le cadre de recherche ou synthèse documentaire.

En ce qui concerne la musique générée par IA ; peut-être la forme la plus extrême de production postmoderne, au-delà de l'échantillonnage ?

L’histoire de la musique est celle des pas de côté et des infractions aux règles. Et les modèles génératifs ne peuvent connaitre que les règles construites lors de leur apprentissage, s'auto-incapacitant pour les transgresser.



Mais comme toutes les technologies électroniques et numériques précédentes, l’IA repose en fin de compte sur l’ingéniosité de l’humain qui l'emploie. La sensibilité humaine y est nécessaire pour trier les résultats et décider ce qui vaut la peine d’être gardé, modifié par d’autres moyens, combiné avec d’autres matériaux. L’étincelle humaine initiatrice, la filtration humaine subséquente : sans cela il s'agit d'une non-intelligence artificielle. 

Ce dernier morceau fut produit dans le cadre de The Salingers, un projet artistique fictif, musical, dystopique et graphique sorti en amont du dernier album d'Indochine (2024). Actuellement nul ne sait si l'auteur est un fan ou un membre du groupe.

Sources / pour aller plus loin :

Simon Reynolds, I’m a Noted Music Critic. Can A.I. Do My Job? (2023)
Lainie Wallace, Simon Reynolds, Tomorrow’s Music Today (2024)

18/08/2026

Postpunk x Stadium

Quid des relations avec le rock pour stades ?

La reverb fut largement considérée comme un interdit sur les disques punk/new wave, constituant un retour à la production grandiose du mega-rock des 70's. Pour le punk, l'énergie et l'accroche furent valorisées au détriment de la texture et de la profondeur du son. Les groupes et les producteurs influencés par le psyché ou le dub - comme Martin Hannett pour Joy Division - prirent la direction opposée.

Création d'un espace profond réclamant de la place, mais pourtant claustrophobe. Finalement diamétralement opposé à l'interprétation utopiste old wave, ou encore l'exil cosmique des Hendrix ou Pink Floyd.



Television avait posé les premières pierres d'un rock nettoyé et réincarné. Les reflets de leur son fluide et héroïque se retrouva chez nombre de formations post-Joy Division ; postpunk par leur minimalisme, mais néanmoins animé d'un esprit de transcendance venu des 60's.

Panoramique et cinématique, ce fut le retour du rock en pleine ère new pop. 

Il fut alors question de « big music ». Probablement pour marquer la rupture avec le stadium rock (Journey, REO Speedwagon, Foreigner, Styx, Kiss, Peter Frampton, Boston, Queen), dont le mercantilisme et la démesure avaient conduit au concept de « corporate rock ».

A noter que les groupes de big music avaient souvent des origines celtiques, venant d'Irlande, Écosse, Pays de Galles ou Liverpool, ville elle-même marquée par l'influence irlandaise.


Bien que le punk s'était révolté contre le stadium rock et la culture des superstars, le désir d'une musique grandiose et triomphante explosa avec le passage du postpunk à la new pop. A la fois comme stratégie nécessaire (conditions d'entrée dans la pop) et agréable (rejet du puritanisme culpabilisant du postpunk).



La caractérisation comme un phénomène live (rock) plutôt qu'une extension de l'album en tant que forme artistique (pop) participa au débat sur l'authenticité dans la musique populaire. Les interprètes y ayant accepté la marchandisation de leur travail pour le plus grand nombre, concentrant alors l'importance musicale et conceptuelle comme le centre de son défi politique. 

Et certains devinrent les nouveaux hérauts des larges auditoriums.


Sources / pour aller plus loin :

Simon Reynolds, Rip It Up & Start Again (2005)

10/08/2026

New Wave x Prog

Petite note sur les liens entre new wave et prog.

Tout d'abord avec le contingent excentrique de la nouvelle vague. Des marginaux du théâtre à la Bowie ou Bonzo Dog Doo-Dah Band, à l'origine des fans de Peter Hammill, King Crimson, Genesis-ère-Gabriel. Chamboulés par Pere Ubu, Devo et XTC, ils parvinrent à une transition assez fluide d'un glam tardif vers new wave maniérée et saccadée.






Parfois en lutte interne entre les contraintes aspirant à la new wave et des désirs proggoïdes.


Une autre sous-catégorie : les prog-rockeurs qui se sont essayés à la new wave.


Inversement, les new waveux plus âgés, profitant de la fin du postpunk, pour assumer un virage explicitement prog à l'ancienne.


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