10/08/2026

New Wave x Prog

Petite note sur les liens entre new wave et prog.

Tout d'abord avec le contingent excentrique de la nouvelle vague. Des marginaux du théâtre à la Bowie ou Bonzo Dog Doo-Dah Band, à l'origine des fans de Peter Hammill, King Crimson, Genesis-ère-Gabriel. Chamboulés par Pere Ubu, Devo et XTC, ils parvinrent à une transition assez fluide d'un glam tardif vers new wave maniérée et saccadée.






Parfois en lutte interne entre les contraintes aspirant à la new wave et des désirs proggoïdes.


Une autre sous-catégorie : les prog-rockeurs qui se sont essayés à la new wave


Inversement, les new waveux plus âgés, profitant de la fin du postpunk, pour assumer un virage explicitement prog à l'ancienne.



Source :

08/08/2026

Postpunk X Prog

Traitons de la dialectique entre le prog et le postpunk.

Le pompeux et l'obsession du prog rock pour la technique étaient l'antithèse du punk. Mais un surprenant nombre de musiciens postpunk avaient des squelettes prog dans le placard : Van Der Graaf Generator pour John Lydon, Yes pour Keith Levene, Frank Zappa pour David Thomas et Mark Perry, Soft Machine pour This Heat et Scritti Politti, ...

Et Robert Fripp devenu une référence bowiesque incontournable.

Les musiciens redécouvrirent sélectivement la richesse de la old wave avec ce que le prog avait de plus subtil et surtout avec le kraut rock.

Voir la note sur les racines du postpunk.

Comme le souligne Simon Reynolds dans Rip It Up & Start Again (2005) : d'une certaine manière, le postpunk était bien du rock progressif, mais revigoré, dépourvu de virtuosité ostentatoire, réduit à l'essentiel et servi par des interprètes moins chevelus.

X

La fausse spécificité de classe et les distinctions sociales de la musique rock des années 1970 – avec d'un côté le prog comme quête cérébrale de la classe moyenne et de l'autre le punk comme révolte viscérale de la classe ouvrière – furent contestées et reconfigurées.

Mais le postpunk apparut peut-être trop « new wave » pour les fans de l'aristocratie art-rock pré-punk. Pourtant la frontière fut très mince chez les groupes d'avant-rock post-prog, partageant une contre-culturalité, une sensibilité artistique, un malaise avec la musique comme industrie et un sentiment du potentiel de la musique comme force culturelle utopique.



Le postpunk plaça les musiciens et le public dans un espace sonore performatif et stimulant relativement nouveau, partagé par tout l'art-rock.



Sources / pour aller plus loin

Simon Reynolds, Totally Wired (2009), Flash of the Axe (2019)

01/08/2026

Old vs New

Retour sur une marotte du blog : le schisme entre old wave et new wave.


Illustré avec deux guitaristes interprétant leur morceau signature sur scène en 1985 :

  • Mark Knopfler (Dire Straits), oldwaver anglais, arrivé tardivement, avec une technicité tout en fingerpicking, malgré les restrictions et édits de la new wave. Une anomalie ignorant les termes de l’idéologie pop : ni angry young man geignard, ni soft rockeur insipide.
  • Tom Verlaine (Television), newwaver new-yorkais, avec une virtuosité incongrue pour le punk et aimant les solos épiques. Jamais engagé à montrer ses compétences, mais plutôt à jouer ce qui semble intentionnel et essentiel.

 

Heureusement, ces deux musiciens sont bien éloignés des tricoteurs 70's et la frénésie onaniste des non-sens scalaires sans fin.

Ou des anti-solo dada volontairement sans début.


A lire :

Nick Kent, Marquee Moon (NME, 1977)
Greil Marcus, Dire Straits (Village Voice, 1979)