18/08/2026

Postpunk x Stadium

Quid des relations avec le rock pour stades ?

La reverb fut largement considérée comme un interdit sur les disques punk/new wave, constituant un retour à la production grandiose du mega-rock des 70's. Pour le punk, l'énergie et l'accroche furent valorisées au détriment de la texture et de la profondeur du son. Les groupes et les producteurs influencés par le psyché ou le dub - comme Martin Hannett pour Joy Division - prirent la direction opposée.

Création d'un espace profond réclamant de la place, mais pourtant claustrophobe. Finalement diamétralement opposé à l'interprétation utopiste old wave, ou encore l'exil cosmique des Hendrix ou Pink Floyd.



Television avait posé les premières pierres d'un rock nettoyé et réincarné. Les reflets de leur son fluide et héroïque se retrouva chez nombre de formations post-Joy Division ; postpunk par leur minimalisme, mais néanmoins animé d'un esprit de transcendance venu des 60's.

Panoramique et cinématique, ce fut le retour du rock en pleine ère new pop. 

Il fut alors question de « big music ». Probablement pour marquer la rupture avec le stadium rock old wave (Journey, REO Speedwagon, Foreigner, Styx, Kiss, Peter Frampton, Boston, Queen), dont le mercantilisme et la démesure avaient conduit au concept de « corporate rock ».

A noter que les groupes de big music avaient souvent des origines celtiques, venant d'Irlande, Écosse, Pays de Galles ou Liverpool, ville elle-même marquée par l'influence irlandaise.


Bien que le punk s'était révolté contre le stadium rock et la culture des superstars, le désir d'une musique grandiose et triomphante explosa avec le passage du postpunk à la new pop. A la fois comme stratégie nécessaire (conditions d'entrée dans la pop) et agréable (rejet du puritanisme culpabilisant du postpunk).



La caractérisation comme un phénomène live (rock) plutôt qu'une extension de l'album en tant que forme artistique (pop) participa au débat sur l'authenticité dans la musique populaire. Les interprètes y ayant accepté la marchandisation de leur travail pour le plus grand nombre, concentrant alors l'importance musicale et conceptuelle comme le centre de son défi politique. 

Et certains devinrent les nouveaux hérauts des larges auditoriums.


Sources / pour aller plus loin :

Simon Reynolds, Rip It Up & Start Again (2005)

10/08/2026

New Wave x Prog

Petite note sur les liens entre new wave et prog.

Tout d'abord avec le contingent excentrique de la nouvelle vague. Des marginaux du théâtre à la Bowie ou Bonzo Dog Doo-Dah Band, à l'origine des fans de Peter Hammill, King Crimson, Genesis-ère-Gabriel. Chamboulés par Pere Ubu, Devo et XTC, ils parvinrent à une transition assez fluide d'un glam tardif vers new wave maniérée et saccadée.






Parfois en lutte interne entre les contraintes aspirant à la new wave et des désirs proggoïdes.


Une autre sous-catégorie : les prog-rockeurs qui se sont essayés à la new wave.


Inversement, les new waveux plus âgés, profitant de la fin du postpunk, pour assumer un virage explicitement prog à l'ancienne.


Source :

08/08/2026

Postpunk x Prog

Traitons de la dialectique entre le prog et le postpunk.

Le pompeux et l'obsession du prog rock pour la technique étaient l'antithèse du punk. Mais un surprenant nombre de musiciens postpunk avaient des squelettes prog dans le placard : Van Der Graaf Generator pour John Lydon, Yes pour Keith Levene, Frank Zappa pour David Thomas et Mark Perry, Soft Machine pour This Heat et Scritti Politti, ...

Les musiciens redécouvrirent sélectivement la richesse de la old wave avec ce que le prog avait de plus subtil.

Et Robert Fripp devenu une référence bowiesque incontournable.

Voir la note sur les racines du postpunk.

Comme le souligne Simon Reynolds dans Rip It Up & Start Again (2005) : d'une certaine manière, le postpunk était bien du rock progressif, mais revigoré, dépourvu de virtuosité ostentatoire, réduit à l'essentiel et servi par des interprètes moins chevelus.

X

La fausse spécificité de classe et les distinctions sociales de la musique rock des années 1970 – avec d'un côté le prog comme quête cérébrale de la classe moyenne et de l'autre le punk comme révolte viscérale de la classe ouvrière – furent contestées et reconfigurées.

Mais le postpunk apparut peut-être trop « new wave » pour les fans de l'aristocratie art-rock pré-punk. Pourtant la frontière fut très mince chez les groupes d'avant-rock post-prog, partageant une contre-culturalité, une sensibilité artistique, un malaise avec la musique comme industrie et un sentiment du potentiel de la musique comme force culturelle utopique.



Le postpunk plaça les musiciens et le public dans un espace sonore performatif et stimulant relativement nouveau, partagé par tout l'art-rock.



Sources / pour aller plus loin

Simon Reynolds, Totally Wired (2009), Flash of the Axe (2019)