08/01/2024

Hommes de l'après-punk

Après avoir abordé le sujet avec les dits angry young men, poursuivons sur les expressions masculines dans l’après-punk, comme précédemment avec les féminines.

Rassemblons ici quelques idées sur différentes catégories d’hommes de la new wave, new pop et de la new romance.

Dans le sillage du punk, subsistent plusieurs figures de rébellion masculine du rock, qui s'étaient déjà mis en scène en opposition au féminin :

    • le misogyne bileux et violent

    • le soldat et ses frères d'armes

    • le nerd avec des ambitions artistiques

  • le poète romantique et junkie

Le post-modernisme appelant à la parodie, l'aliénation  fut surjouée via des personnages cliniques allant du psychopathe au technocrate, cassant l'utopie contre-culturelle pop.

Plusieurs dandys élégants avec un penchant pour le glam et le théâtre de revue présentèrent de de nouvelles images de la masculinité faite de pose et de narcissisme. Voici quelques stratégies :
  • mythification avec des archétypes héroïques d'un autre temps
  • déshumanisation froide par des extraterrestres ou des machines androgynes

  • ascension sociale de playboys plein d'assurance

  • brouillage des genres avec une saturation cosmétique 

  • sortie du placard avec de la provocation camp

  

Ces étranges explorations ne durèrent que quelques années. Et leurs questionnements des rôles ou des représentions conventionnelles du genre masculin seulement effleurés dans le cadre de performance divertissante.

Sources / pour aller plus loin :

Simon Reynolds & Joy Press, Sex revolts (1996)
Simon Reynolds, Rip It Up and Start Again (2005)
Brian Peters, Androgyny, Masculinities and the Re-Gendered Aesthetics of the New Wave (2016)
Sharon Becker, I'm the Man: How New Wave Music Created New Waves of Masculinity (2019)

10/12/2023

Angry Young Men

Revenons sur certaines figures de la new wave.

« Angry young men » désignait à l’origine une nouvelle génération de dramaturges et de romanciers britanniques dans les années 50, caractérisés notamment par un réalisme désabusé. Puis le terme fut rattaché au courant cinématographique de la « british new wave », avec ses héros de la classe ouvrière et ses thèmes de gauche.


L'étiquette ressurgit fin des années 70 lors de la new wave, cette fois musicale, pour désigner Elvis Costello, Joe Jackson et Graham Parker.


Avec des paroles acerbes et sardoniques, et une verbosité qui semblait être le fruit d’une arrogance présomptueuse.
 
D'autres de l'époque auraient pu également gagner le qualificatif, comme par exemple Paul Weller.

 
Rapidement, tous s'éloignèrent de la power pop vers différents styles musicaux, certains plus vraiment « new wave » comme le revival swing ou la country de Nashville.
 
A noter qu'en 1982-83 à l'ère de new pop, moins jeunes et moins en colère, ils sortirent leurs plus gros tubes.
 
 
 
 
 
 
 
 
Le jeune homme en colère, en tant qu'archétype de fictions d'après-guerre, servit d'antidote à la masculinité traditionnelle dans le littérature. Il substituait aux qualités masculines (force, pouvoir ou fortune), des sentiments féminins, comme la colère ou la frustration d'être mis à l'écart par les règles de la société.
 
Initialement, il était un anti-héro ouvrier qui remettaient en cause les ordres établis, mais sur une fracture générationnelle bien plus qu'une lutte de classe. Avec la contre-culture, il devint agent de protestation politique qui exprime une rage légitime. Mais depuis le contrecoup, il est présenté, au mieux comme une victime psychologiquement endommagé, au pire comme un dangereux sociopathe.

02/09/2023

Films de l'après-punk

Parlons des films musicaux de l'après-punk.


Avec tous les revivalismes et l'omniprésence des décennies passés, il serait vain de faire la liste des films contemporains ayant pour cadre les musiques de la fin des 70s ou des 80s.


Exit également les biopics, comme par exemple :
 
Évoquons plutôt des films vraiment d'époque :
  • Jubilee (Derek Jarman, 1978) avec Jordan, Toyah Willcox, Adam Ant et une participation des Banshees et des Slits
  • Breaking Glass (Brian Gibson, 1980) avec Hazel O'Connor
  • La Brune et Moi (Philippe Puicouyoul, 1981) avec Édith Nylon, Marquis de Sade et d'autres jeunes gens modernes.
  • Downtown 81 (Edo Bertoglio, 2001) avec Jean-Michel Basquiat rencontrant, entre autres, Tuxedomoon, DNA, Kid Creole, James Chance et Debbie Harry.
 
  • Ladies and Gentlemen, The Fabulous Stains (Lou Adler, 1982) avec Steve Jones et Paul Cook période The Professionals, et Paul Simonon.
  • Starstruck (Gillian Armstrong, 1982)