Parlons de la composante agit prop du postpunk.
Simon Reynolds a longuement écrit pour présenter le postpunk comme une contre-culture qui, quoique fragmentée, fut animée par la commune conviction que la musique pouvait et devait changer le monde.
Le punk avait permis de transformer des idées confrontationnelles en une prose pop.
Mais cette vague était, dans un certain sens, naïvement romantique. Pour nombreux musiciens postpunks, la politique, en tant que catégorie élargie, couvrait toute la surface de la réalité, de l’amour aux loisirs en passant par le langage lui-même. Une vision totale avec des micro-politiques personnelles enchevêtrées dans l’oppression et la fausse conscience.
Le conceptualisme et la démystification étaient devenus populaires et représentaient donc la dernière mesure de l’authenticité.
Dans ce moment de modernisme populaire, le postpunk mis en musique l'idée gramscienne de changement culturel précédant le changement politique.
Quelques exemples.
Il y avait des tensions au sein du postpunk. Comme la contre-culture à partir de laquelle il s’est développé, le courant dans son ensemble n’a pas toujours été un phénomène gauchiste, loin de là.
Dialectiquement, le postpunk a fini par engendrer sa propre némésis sous la forme d’un romantisme et d’un mysticisme renouvelés, un désir pour une sorte d’extérieur qui transcenderait le politique/social. Evitant le politique en faveur des émotions intérieures et des dilemmes existentiels (la société n’est pas à blâmer, c’est la condition humaine).
Voir le Dark Matter Lab sur l'apolitisme du goth.
"Escapism is not freedom" scandait pourtant à raison Mark Stewart.
Sources / pour aller plus loin
David Wilkinson, Post-Punk, Politics and Pleasure in Britain (2016)
Sezgin Boynik, Agit Punk Form (2025)

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