24/12/2018

This Is Uncool

Une série en 6 épisodes programmés et réalisés par Brian Carney pour Radio Rectangle.


L'histoire de la new wave au Royaume Uni de 1978 à 1984 :

1: Trojan Horses

2: Friends Electric

3: Release The Bats

4: New Romantics

5: Liverpool & Manchester

6: A Mixed Bag

14/12/2016

Froidement vague, 2

Cette note revient sur la cold wave dans son sens de 1977, au regard de la compilation Close To The Noise Floor: Formative UK Electronica 1975-1984, sortie en avril dernier chez Cherry Red.



L’incursion pré-punk des synthétiseurs dans le paysage sonore britannique revient au BBC Radiophonic Workshop pour Doctor Who, à Walter Carlos pour Clockwork Orange, puis aux imports germaniques de Tangerine Dream et Kraftwerk.

A l'inverse de la guitare, la phase primitiviste du synthétiseur vint après ses débuts sophistiqués. En effet, la démocratisation de l'électronique coïncida avec le retour conscient du rock à ses basiques juvéniles sous la forme du punk. Subitement, le synthé se retrouva alors en compétition avec la guitare pour être le vrai instrument du do-it-yourself.

La scène britannique fut catalysée par une demi douzaine de locaux indépendants les uns des autres qui sortirent leurs premiers singles en quelque mois au milieu de 1978.




Leur impact combiné fut tout autant galvanisant que celui du Spiral Scratch des Buzzcocks pour les groupes DIY à guitare l'année précédente.

Passionnément désordonnés, ces débuts de l'electronica britannique furent plus que diversifiés : electro-punk, industrial, synthpop, dark ambient, ...






La plupart des ces productions fut cadrée par deux prohibitions postpunk : l'objectif de sonner le moins rock'n'roll et américain que possible ; et la rupture avec les conventions de la musique synthétique établies dans la première moitié des 70's.




Mais bien que l'ambiance d'aliénation urbaine eut bien plus en commun avec le punk et la new wave, qu'avec la ramification clinquante que sera ensuite le new romanticism, cette vague froide passa pour beaucoup comme une tendance branchée et trop arty.

cf My Perfect Cousin de The Undertones :
«  His mother bought him a synthesiser, got The Human League in to advise her, now he’s making lots of noise, playing along with the art-school boys… »
Sources :

Ben Whalley, Synth britannia (2009)
Simon Reynolds, Close to the noise floor (2016)
Oregano Rathbone, Together in electric dreams (2016)

04/11/2016

Repetition

Manifeste de The Fall sur leur premier EP Bingo-Master Break-Out (11 août 1978) exposant leur volonté de produire une musique intentionnellement crue et répétitive.


« We dig repetition in the music and we're never going to lose it » : un slogan habile qui capture une partie clé de l'esthétisme du groupe de Mark E. Smith, refusant et méprisant la « fancy music » sur-produite de l'époque.

Non sans humour, ce qui était en train de devenir leur cahier des charges détourne l'expression des « three R's » bien connus des écoliers britanniques « Reading, 'Riting, and 'Rithmetic » en « Repetition Repetition Repetition »

Dans la suite immédiate du punk, les groupes cherchèrent des façons d'étendre son fondamentalisme sonique sans gonfler vers l'indulgence du prog, et le krautrock fournit alors une foule d'indicateurs pour l'avant-garde postpunk. Can fut une source particulièrement fertile d'idées rythmiques, non seulement pour les formations tournés vers le dub comme PiL ou The Pop Group, mais aussi pour The Fall. Particulièrement la tension sombre d'Ege Bamyasi et les hypno-grooves chamanistes de Tago Mago,

Repetition exprima une version punk du credo d'auto-restriction de Holger Czukay dans les mots et le son. Ce dernier avait déclaré :
« Repetition is like a machine... If you can get aware of the life of a machine then you are definitely a master ... [machines] have a heart and soul... they are living beings' »
Un hommage explicite au groupe de Cologne datant de 1985 :