26/11/2025

Evènements politiques (2/2)

Poursuivons avec les chansons sur des événements politiques ; et plus précisément sur les troubles en Irlande du Nord.



Evènements politiques (1/2)

Petite sélection de chansons en réaction à des événements politiques entre 1976 et 1984.

  • 30 août 1976 : émeutes du carnaval de Notting Hill

  • Septembre 1978 - février 1979 : Hiver du Mécontentement


  • 3 mai 1979 : élection de Margaret Thatcher


  • 4 novembre 1980 : élection de Ronald Reagan

  • 2 avril 1982 : guerre des Malouines


  • 12 mars 1984 : grève des mineurs britanniques



La suite ici.

17/11/2025

Historiquement vague

Note sur le lien dynamique entre le punk, la new wave et le postpunk.
 
 
« Le punk avait tout cassé. Il a fallu repartir de zéro et reconstruire dans tous les sens, dans toutes les directions. C'est pour cela que la new wave a aussi bien donné Joy Division que les Nouveaux Romantiques. Il y avait une autorisation à tout faire, chaque jour un nouveau mouvement, un nouveau groupe émergeait. »
 
Jean-Daniel Beauvallet (spécialiste par procuration, en seconde main, de la new wave anglaise) accuse ici d'une vision statique très rependue où les musiques apparaitraient spontanément.

« La musique, ça ne sert à rien de la disséquer, il faut la raconter. »

Dans un entretien avec Sylvain Fanet pour Darklands, la face sombre de la New Wave (2025), l'ex-rédacteur en chef des Inrocks constate tout de même :

« C'est comme si les groupes anglais n'arrivaient pas à echapper à ça, même lorsqu'ils essaient de faire de la musique sombre et dramatique, il y a ce vieux fond de pop qui remonte à la surface. »

Formulons alors un développement historique plus dialectique de l'après-punk britannique de la fin des années 70.

En y regardant de plus près, les musiciens et le public du punk étaient nettement hétérogènes, et les significations et les frontières du punk étaient continuellement reconstruites et franchies par les différentes pratiques. La tension entre les conceptions « punk comme musique pop » et « punk comme force de changement », les débats art vs commerce, individualisme vs communautarisme créèrent des contradictions. Ainsi, après avoir uni brièvement un tableau hétéroclite de mécontents, le punk ne pouvait nécessairement que se disperser à travers une gamme de styles nourrissant des versions concurrentes du phénomène et des visions alternatives sur les directions à prendre. Et pas n'importe lesquelles.

Dans Are We Not New Wave? Modern Pop at the Turn of the 1980s (2011), Theo Cateforis présente une schématisation des trois principaux mouvements dans le sillage de l'effondrement du punk en 1978 :
  • une première faction qui conservait son énergie, son intelligence et son humour, mais en faisant des concessions prudentes en matière d'accessibilité (thématiques plus subtiles, arrangements plus propres, mélodies, dansabilité) : la new wave.

  • une seconde faction qui décidait de dépasser les objectifs critiques du punk, en éradiquant les éléments rockistes résiduels et conservateurs, en expérimentant de nouveaux genres, formats et technologies : le postpunk.

  • une troisième faction qui renforce la promesse initiale du punk, rendant sa forme rock plus dure, rapide et puriste: le real punk, id est la deuxième vague.


Aucunes d'elles ne sortirent ex nihilo des cendres du punk, mais étaient, au contraire, connectées à la riche histoire des musiques populaires enregistrées, et continuèrent leurs développements et ramifications jusque dans les années 80.

Quant aux mécanismes qui expliquent pourquoi le postpunk engendra à la fois des groupes en imperméable puis des nouveaux romantiques, cela est détaillé dans Rip It Up & Start Again (2005).

Terminons avec l'indispensable Urgh! A Music War (Derek Burbidge, 1981) et ses captations sur scène d'une bonne trentaine de groupes, témoins de l'après-punk du début des années 80, juste avant l'arrivée de la new pop et du goth.
 
 
 

Sources / pour aller plus loin