08/12/2019

Nouvelles Vagues

Note sur les redéfinitions tardives du vocable « new wave ».


Pour les définitions historiques, il y a Wavelength.fr et le reste de ce blog.  Jetons plutôt ici un œil à la littérature francophone sur le sujet.

Frédéric Thébault évoquait déjà, dans Génération Extrême (2005), le mélange des étiquettes et l'utilisation du terme uniquement pour désigner le côté abordable de cette musique, les tubes calibrés FM, la musique de danse qui s'est largement diffusée dans les années 80.

En effet, depuis le milieu des années 90, de nombreuses compilations débordant de hits britanniques de la décennie précédente furent publiées avec l'étiquette comme slogan.



Le public s'est vite retrouvé dans différentes niches de consomation avec ses propres définitions affectives et idéologiques, amenant à considérer deux axes contradictoires : un côté sombre, mélancolique, dépressif, cultivant l’underground ; un côté enjoué, dansant, festif, tutoyant les charts. Une musique pour corbeaux et une musique pour garçons-coiffeurs.

Dans son Histoire de la New Wave (2008), Benjamin Berton fit remarquer que la persistance du terme s'est fait hors des Iles Britanniques et que son utilisation excessive en France pour désigner un peu tout et n’importe quoi lui fit perdre de son sens et qu'il ne correspond à plus rien de tangible. Ainsi dans l'esprit des commentateurs, la new wave est devenu un genre bâtard, une notion vague qui recouvre une réalité hétérogène, commerciale et sans consistance.





L'impasse sur le courant originel des années 70 conduit à des conclusions de ce type :
« La new wave ne désigne pas, n'a jamais désigné et ne désignera jamais un genre musical mais une époque qui s'étend grosso modo de 1978 à 1986. » (Kevin Letalleur & Nina Ashwood, Rock In Share 1: La New Wave, 2016)
Ou des questionnements sans fin : 
« Est-ce un style musical ? Un mouvement ? Une période ? Une mode ? Une esthétique ? (…) Les contours de ce courant musical restent parmi les plus flous de l'histoire dui rock. » (Sylvain Fanet, Standing On A Beach, 2019)
En y ayant inclus une myriade de sous-genres de l'après-punk (coldwave, synthpop, postpunk, new romantics, goth, ebm, darkwave), ce dernière se demande si la new wave même n'a peut être pas été une chimère, une agglomération absurde de trop d’artistes ou de courants qui n’avaient en commun que de ses produire à la même époque. 

Guillaume Gilles (l'Esthétique New Wave, 2006) ne trouvant ni période clairement balisée, ni style musical uniformisé fut améné à avancer le concept d'esthétisme du reste. Ainsi, la new wave serait caractérisée par l'impossibilité de lui coller une des étiquettes classiques de la pop music  : hard rock, prog rock, folk, blues, punk.

L'énorme engouement international pour la synthwave fut souvent accompagné d'un #newwave alors que son cadre esthétique et révérenciel cible plutôt la pop culture américaine de 1984 à 1991, faite de néons, lasers, centres commerciaux et voitures.


Un exemple de marqueur de ce glissement sémantique fut visible récemment lors de la conférence La New Wave en Europe, Naissance et Influences (2017) par Frédéric Sérendip et Eva Peel où il fut exclusivement question du continuum coldwave-synthpop-synthwave afin d'introduire un DJ set électronique.

Il serait également intéressante d'évoquer l'utilisation de « post-punk » pour parler de la darkwave en nuance de gris présente dans la hype de ces dernières années, mais fort éloignée de l'art punk conformationnel que cela désignait.

Finissons sur un moment historique de conflit entre new wave et médias.

10/07/2019

1977, le crépuscule des idoles

Cette année-là sera toujours associée à l'explosion du punk, qui envahissait alors les bacs, les charts, la télévision, les journaux et même le Jubilé d'Argent de la Reine. Mais ce fut également la sortie de l'ombre du reste de la new wave.


Très loin de n'être qu'une simple récupération commerciale du punk ou une métamorphose romantique de sa colère en mélancolie. En fait, de nombreux musiciens pop utilisèrent le phénomène punk comme un moyen d'entrer dans le business et firent de cette fin de décennie un âge d'or du single.







Bonus : « New Wave R.I.P » clame le T-shirt du Johnny Rotten en croix dessiné sur la couverture du Trouser Press d'october 1977, le mois de Never Mind the Bollocks.

29/06/2019

1979, l'hiver du mécontentement

2019 marque le quarantième anniversaire de l'acmé du post-punk. 


Malgré les commémorations et la nostalgie d'un paradis perdu, les revivalismes de la décharge indie, l'opportunisme des hipsters et les t-shirts Unknown Pleasures, peut-on encore avoir une vision respectant la réalité de ces productions musicales et esthétiques ?

Voici une série de clips vidéo qui en encapsule peut-être le ton :